Aller au contenu principal
(c) Laurence Villoz
i
David Freymond
(c) Laurence Villoz

David Freymond: «J’ai envie de proposer des événements exigeants et accessibles»

27 octobre 2026
 
1 min de lecture
Rencontre
Le pasteur vaudois David Freymond a repris les rênes de l’esprit Sainf à l’église Saint-François, au centre de Lausanne, un espace qui mêle spiritualité et culture. Il sera officiellement installé lors d’un culte le samedi 31 octobre.

LV: Jusqu’à maintenant vous avez fait votre carrière en paroisse, qu’est-ce qui vous a donné envie de postuler à la tête de l’esprit Sainf?

DF: Pour ne rien vous cacher, je lorgnais un peu sur ce poste. Je trouve magnifique de pouvoir exercer le cœur de mon métier, c’est-à-dire le culte, la prédication, tout en m’ouvrant au domaine des arts et de la culture qui est propre à l’esprit Sainf. Passé 50 ans, et après douze ans dans la paroisse de Pully-Paudex, j’ai ressenti de l’énergie pour un nouveau défi professionnel. Et ce n’est vraiment pas par lassitude que j’ai quitté la paroisse. J’ai aimé ce travail jusqu’au bout.

L’esprit Sainf a été créé en 2011 par l’Église réformée vaudoise. Il a été porté pendant quinze ans par le pasteur Jean-François Ramelet. Comment voulez-vous le faire évoluer ?

Je ne suis pas l’homme de la révolution. Je vais, en tout cas, garder ce qui fonctionne et ce qui me correspond, notamment les offices, chaque soir de la semaine à 18h et évidemment le culte avec la cène le samedi soir. Proposer un lieu de prières en fin de journée pour les personnes qui sortent du travail, en plein centre-ville, pour moi cela a énormément de sens. Depuis l’intérieur de l’église, on entend les sirènes des ambulances, les gens qui crient, tout en étant en silence au milieu de ce tumulte. Et puis, on prie aussi pour ces personnes que l’on entend.

Et en termes de musique, le jazz avait notamment trouvé sa place à l’esprit Sainf, vous allez poursuivre ce style de concerts?

Contrairement à mon prédécesseur, je suis beaucoup plus adepte de musique classique que de jazz, mais je suis aussi quelqu'un de curieux et d'ouvert. Donc, en arrivant ici, la première chose que je lui ai dit, c’est: «Ne t’inquiète pas, on ne va pas arrêter le jazz à Saint-François!».

Quel est le premier projet que vous organiserez?

Pour le carême œcuménique, nous allons accueillir l’artiste Christine Matthey-Isperian. Elle mène toute une réflexion autour de la nature, notamment des sols qui souffrent, qui brûlent et qui n'arrivent plus à produire ce pour quoi ils sont destinés. Elle travaille sur des branches qu’elle habille de tissu. L’idée serait de faire entrer un arbre dans l’église. Cette exposition est organisée avec les différents acteurs du Carême œcuménique. D’autre part, tous les deux ans, nous mettons sur pied un projet avec l’Association de l’hospitalité artistique à Saint-François. J’ai envie de proposer des événements qui parlent à un maximum de personnes, exigeants et accessibles.

Comment vous concevez les liens entre la spiritualité, la théologie et l’art?

Pour moi, ce sont des domaines qui s’interpénètrent. Aujourd'hui, mon projet pour l’esprit Sainf, - c'était aussi celui de Jean-François Ramelet, je crois – c’est de permettre à des artistes de se laisser inspirer par le lieu pour créer leur propre projet sur une thématique choisie ensemble. Ils apportent leur regard, leurs questionnements, leur côté subversif parfois aussi, pour nous interpeller afin qu’on ressorte de cette église un peu bousculé. C'est aussi l'objectif de la prédication que de déstabiliser l’assemblée.

Saint-François, ce n’est pas une paroisse, mais plutôt un lieu de passage. Est-ce que cela change votre manière d’interagir avec les personnes présentes?

C’est justement le défi du prédicateur de ne jamais vraiment savoir qui sont les personnes dans l’assemblée, même en paroisse pendant des offices. Par exemple, lors des services funèbres, nous sommes parfois face à des familles très éloignées des milieux d’Église. Il s’agit donc d’adapter son langage et son message, mais sans se travestir.

Et d’ailleurs, tout dernièrement lors d’un vernissage à l’esprit Sainf, j’ai fait un accueil très inclusif qui s’apparente plus à un discours qu’on pourrait retrouver lors du 1er août.

Les baptêmes, les cérémonies de mariage, les visites aux paroissiennes et paroissiens, ce ne va pas vous manquer?

Je vais continuer à proposer ces accompagnements pour les personnes de la communauté de Saint-François car pour moi, c'est au cœur de mon travail. J’avoue que cela me manque un peu déjà.
 

Bio express

David Freymond est né en 1973 à Lausanne. Il obtient sa licence en théologie en 1998. Il effectue ensuite son stage pastoral à Gland, puis exerce son ministère dans différentes paroisses: la Dôle, La Sarraz et Pully-Paudex. De 2009 à 2014, il a été président du Synode (organe délibérant) de l’Église réformée vaudoise. David Freymond est marié et père de deux enfants.