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©Patrick Gillérom Lopreno
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©Patrick Gillérom Lopreno

Un album poétique et spirituel à hauteur d’enfant

Littérature
L’Arbre qui menait au ciel est une collaboration entre l’autrice Élise Vonaeschet sa mère, l’illustratrice Corinne Vonaesch. Cette fable poétique invite les enfants à explorer leur monde intérieur.

Cette création à quatre mains est née d’une vision. «J’en ai eu l’idée en voyant des images de l’arbre, mais aussi de l’action de grimper», confie Corinne Vonaesch. Très vite, elle pense à associer des textes poétiques de sa fille à ses illustrations. Il faut dire que l’écriture sensible de celle-ci a déjà imprégné plusieurs ouvrages. Toutes deux avaient aussi tenté un premier projet commun, autour d’un album pour enfants qui n’avait pas abouti.«Cette fois, la démarche s’est inversée: ce sont les illustrations qui ont précédé et inspiré le texte», explique Élise Vonaesch. Les images et les mots s’ajustent avec soin et la collaboration entre les deux complices est fluide. De ce dialogue naît le parcours initiatique d’une petite souris en quête de sens, qui part à la découverte de son monde intérieur, inspirée par la nature.

Le choix de l’animal n’est pas anodin. Déjà présent dans un livre précédent de Corinne Vonaesch, consacré à l’hypersensibilité, ce petit personnage permet de s’éloigner du réalisme et de favoriser l’immersion de l’enfant dans un univers imaginaire. «La figure de la souris sensible est cohérente avec les thèmes du livre, axés sur l’intériorité et la perception fine du monde», souligne Élise.

Figure centrale, l’arbre aussi est un symbole. Pour l’autrice, il évoque l’arborescence des pensées, l’abondance et la richesse du monde intérieur et spirituel. Dans une société marquée par la déconnexion de la nature, il représente un retour salutaire à celle-ci.

Corinne y voit quant à elle une progression d’apprentissage: la rencontre avec les éléments naturels, la découverte des lettres et des mots, l’éveil à la musique et aux mathématiques – autant de thèmes qui contrastent avec l’omniprésence des écrans. «L’ascension mène également à des questions sur l’immensité, à ce qui dépasse l’individu avant d’aboutir à un retour à soi, à une forme d’immanence», souligne-t-elle.

La voix discrète du guide
Un oiseau accompagne la souris dans son exploration. Guide discret, ce rouge-gorge représente une «petite voix» à la fois intérieure et extérieure. Inspiré des paraboles – comme celle de la colombe, associée à l’Esprit –, il invite à l’écoute et à la confiance, ajoute l’illustratrice. L’album puise encore dans les souvenirs personnels des deux artistes. Enfant, Corinne Vonaesch a été marquée par l’histoire d’un arbre poussant dans une maison.

Quant à Élise, c’est le ciel qui nourrissait son imaginaire: «Il est si vaste, il peut représenter tant de choses.» Une métaphore qu’elle a déjà explorée dans ses précédents ouvrages. La jeune femme se souvient aussi de ces petites phrases poétiques qui la faisaient rêver, dénichées dans les bandes dessinées de son enfance. L’Arbre qui menait au ciel porte aussi un message. Il invite le lecteur à cultiver la patience, à s’émerveiller des petites choses, à s’éveiller à sa sensibilité et sa spiritualité. La poésie du texte et des images de plus en plus colorées au fil des pages laisse place à l’interprétation. Chacun, enfant ou adulte, peut y projeter sa propre expérience, de manière libre et totalement ouverte.

Mini-bio
Élise Vonaesch est diplômée d’un master de littérature française de l’Université de Genève. En 2023, elle a reçu le Prix Colladon pour son premier roman, Clandestines. Enseignante et artiste peintre, Corinne Vonaesch a publié deux albums consacrés à l’hypersensibilité chez l’enfant (mesalbums.ch).

L’Arbre qui menait au ciel. Textes d’Élise Vonaesch; dessins de Corinne Vonaesch; Ouverture, Réf-Editions et Olivétan, 2026. Pour enfants dès 6 ans.