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Temple de la Chiésaz © Réf-Médias

Écouter le culte

Le récit du paralytique à la piscine de Bethzatha sera raconté. La narration biblique permet de plonger dans l’histoire et d’y insuffler des pistes de réflexion. Le message commence donc déjà là, par le fait d’entrer dans le récit et pouvoir se laisser toucher par lui. Puis un parallèle sera fait avec nos paralysies intérieures, pour lesquelles Jésus nous offre aujourd’hui aussi une libération.

Prédication

Référence(s)
Jean
Chapitre
5
Versets
1
à
18
Deutéronome
Chapitre
1
Versets
30
à
36
Deutéronome
Chapitre
2
Versets
13
à
14
Galates
Chapitre
4
Versets
30
à
31
Galates
Chapitre
5
Versets
1
à
1

L’homme dont parle le récit de l’Evangile de Jean, que nous avons entendu ce matin, a été atteint de paralysie pendant 38 ans. 38, ce n’est pas un chiffre courant dans la Bible, mais on le trouve pourtant une autre fois, dans le texte du Deutéronome que nous a été lu. 38 ans, c’est donc aussi le temps écoulé entre le moment où Dieu a dit au peuple d’Israël qu’il est arrivé aux portes de la terre promise, et le moment où le peuple est effectivement entré dans cette terre promise. Pourquoi y a-t-il eu ces 38 années ? Parce que dans un premier temps le peuple a pris peur et n’a pas osé entrer en terre promise. S’en sont suivi 38 années de marche dans le désert, le temps que tout ce qui s’est cabré à l’idée d’entrer dans la promesse de Dieu ne soit plus. 

On peut mettre en résonance les deux récits : les 38 ans d’errance du peuple d’Israël dans le désert, c’est une forme de paralysie, une incapacité à faire le pas qui permet d’entrer dans la promesse de Dieu. Les 38 ans de paralysie de l’homme à la piscine de Bethzatha, c’est une forme d’errance dans le désert, en attendant de pouvoir vivre une grande transformation.

En quoi ces deux histoires peuvent nous rejoindre aujourd’hui ? Elles peuvent le faire en profondeur je crois : 

Le texte lu de la lettre aux Galates nous dit « C'est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage. » (TOB)

Voilà une très grande promesse : Jésus Christ nous a libéré et désormais nous sommes vraiment libres ! Mais est-ce que nous entrons réellement dans cette promesse ? Il faut bien l’avouer, souvent nous sommes prisonniers de nos esprits calculateurs en recherche de sécurité, nous vivons sous le joug de nos peurs, nous réagissons en esclaves de nos blessures intérieures, de nos rancunes. Oui, nos peurs, nos blessures intérieures et notre besoin de sécurité nous laissent errant dans le désert, et diminués, paralysés dans nos vies.

Mais le Christ nous appelle à plus, il nous invite à vivre une meilleure version de nous-mêmes, celle de l’homme, de la femme libres. Saurons-nous nous laisser transformer ? 

Pour avancer dans ce thème, je vais vous inviter à entrer dans le récit du paralytique à la piscine de Bethzatha, afin de faire peut-être un pas de plus vers la liberté à laquelle Jésus Christ nous invite. Nous allons avancer dans l’histoire en imaginant les lieux et les personnages, comme un film intérieur que l’on se fait. Prenez ça avec un esprit d’enfant, comme un jeu, c’est notre liberté.

En préambule, laissez venir à vous en pensée quelque chose qui vous paralyse : une peur récurrente, une blessure intérieure. Si une idée vient à vous, accueillez-la sans poser un jugement sur elle, c’est ainsi. Si aucune idée précise ne vient, ce n’est pas un problème, gardez en tête simplement l’idée globale de « ce qui me paralyse dans ma vie ».

Et maintenant entrons dans l’histoire. Pour vous aider à visualiser les scènes, vous pouvez baisser les yeux ou les fermer : imaginez le paralytique, couché sur le sol à côté de la piscine de Bethzatha et imaginez que vous êtes ce paralytique. Ce qui vous paralyse est partout dans vos membres, au point qu’il vous est difficile de bouger et que vous êtes coupés des autres autour de vous. Le simple fait de se tourner sur le côté est comme une montagne à gravir. Imaginez maintenant que Jésus s’approche, et se penche sur vous. Il vous demande : « Veux-tu être guéri ? ». Prenez cette question avec étonnement, comme un enfant qui découvre quelque chose pour la première fois. Et laissez résonner la question en vous « Est-ce que je veux être guéri ? ». Puis Jésus continue à vous parler, il vous dit « Réveille-toi, prends ton grabat et marche »

Laissez cet ordre entrer lentement en vous par tous les pores de votre peau, il pénètre dans chacune des cellules de votre corps. Lentement mais sûrement, les paroles de Jésus font leur chemin. Puis vous imaginez que vous vous relever, vous vous penchez pour prendre votre grabat, et vous partez en marchant, grabat sous le bras. En marchant, laissez l’émerveillement vous gagner. Tout est si différent : sentir son corps qui se meut librement, voir autour de soi d’autres personnes de la communauté humaine, voir le paysage changer pas après pas. C’est magnifique, mais ça ne peut pas durer. 

Le changement est tellement grand que quelque chose s’affole, alors arrivent les maîtres de la loi. Ils sont les garants de l’ordre ancien. Ils ne peuvent pas s’émerveiller et se réjouir de votre transformation, ils ne voient que ce qui ne va pas par rapport à leurs valeurs, conformes à l’ancien ordre. Ils vous disent de poser votre grabat puisque ce n’est pas permis de le porter le jour du Sabbat. Et vous posez votre grabat. Puis vous voyez qu’il y a maintenant deux chemins qui s’offrent à vous : il y a le chemin des maîtres de la loi ; c’est un chemin rassurant par bien des côtés, vous l’avez déjà foulé, d’autres depuis des générations et des générations l’ont emprunté ; oui, il est rassurant parce qu’il est connu ; il a des règles entravantes, mais qui protègent. Et puis il y a l’autre chemin, celui de Jésus ; c’est un chemin tout nouveau, un chemin de liberté, mais c’est un chemin encore inconnu et qui demande d’avancer par la foi, sans les repères et les sécurités habituels. 

Vous avez devant vous ces deux chemins. Vous choisissez un des deux, puis vous vous remettez en route.

Amen