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(c) Laurence Villoz
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(c) Laurence Villoz

À l’EPFL, une exposition explore les multiples dimensions du pardon

2 novembre 2026
 
2 min de lecture
Peut-on tout pardonner? Comment se libérer de la culpabilité? Le pardon est-il universel? Autant de questions abordées dans l’exposition «Le pardon, un nouvel horizon», organisé par l’aumônerie et à découvrir jusqu’au 12 novembre à l’EPFL.

«Un monde qui n’intègre pas le pardon se détruit», soutient Alexandre Mayor, aumônier à l’Université et l’École polytechnique fédérale de Lausanne (UNIL-EPFL) et coorganisateur de l’exposition «Le pardon, un nouvel horizon» (Le pardon, un nouvel horizon? ‒ Aumônerie ‐ EPFL). Cet événement se tient jusqu’au 12 novembre au bâtiment CM, sur le campus de l’EPFL. Il est le fruit d’un travail collectif entre aumôniers au gymnase et en école professionnel, pasteurs et anthropologues. Au travers d’une quinzaine de panneaux illustrés par l’artiste Sarah Najjar, ce projet met en perspective différentes dimensions du pardon.

«La thématique du pardon est présente dans notre travail à l’aumônerie. Par exemple à travers certaines de nos conférences, notamment sur la réconciliation, mais elle apparaît aussi lors d’entretiens individuels. On remarque le besoin d’approfondir ce sujet», précise Alexandre Mayor. L’exposition a ainsi pour but d’interpeler un public de jeunes adultes et d’enrichir leurs réflexions. On y découvre des témoignages, la place du pardon dans l’histoire ainsi que des perspectives religieuses.

Pourquoi faudrait-il pardonner?

Selon certaines études scientifiques, le pardon fait du bien. «Souvent, les personnes qui arrivent à avancer dans cette voie, se sentent plus en paix avec elle-même. Elles peuvent davantage se construire dans le présent et envisager l’avenir». Au sein des religions, le christianisme a mis le pardon au premier plan. «La crucifixion de Jésus est le signe d’un pardon absolu de Dieu. Sur la croix, il pardonne à ceux qui l’ont condamné», explique le théologien protestant. En revanche, dans le bouddhisme et l’hindouisme, il s’agit plutôt d’une vertu à cultiver.

La notion de pardon n’a cessé d’évoluer et de se transformer au fil du temps et en fonction des civilisations. On découvre par exemple dans l’exposition, qu’en Mésopotamie déjà, vers 1750 avant J-C, le Code d’Hammourabi avait établi le principe «œil pour œil», un système qui reposait sur l'équivalence exacte entre le tort subi et la punition infligée, afin d’éviter l’escalade de la vengeance. Mais chaque civilisation a cela en commun qu’elle a dû trouver les moyens de négocier entre «mémoire et oubli, justice et clémence, blessure et guérison».

Réparer les relations

«Le pardon possède une dimension de réparation des relations, aux autres et à soi», souligne l’aumônier à l’UNIL-EPFL. Mais que faire si l’on nous refuse le pardon? «Raconter son histoire de culpabilité fait, généralement, déjà du bien. Il importe aussi de ne pas se réduire à ce qui s’est passé ainsi que de voir ce qui dépend de soi et ce qui appartient à l’autre. Certes on ne peut pas tout réparer, mais cela nous confronte à nos responsabilités», estime le pasteur Alexandre Mayor.

Infos pratiques

Du 30 octobre au 12 novembre, l’exposition «Le pardon, un nouvel horizon» est à découvrir dans les corridors du 1er étage du bâtiment CM, à l’EPFL. À retrouver également via le lien: Le pardon, un nouvel horizon? ‒ Aumônerie ‐ EPFL